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Après avoir vu son poids dans le commerce mondial décliner durant toute la période allant de 2000 à 2008, la première puissance économique mondiale s’est mise en ordre de bataille pour retrouver sa compétitivité et ainsi redorer le blason d’une industrie jusqu’il y a peu déclinante.
Par quels moyens ? D’abord en s’assurant d’un coût du capital parmi les plus bas au monde, permettant de libérer les esprits entreprenants mais aussi de limiter le poids des charges financières pour les entreprises.

La Fed joue bien entendu un rôle majeur dans la poursuite de cet objectif, en maintenant ses taux directeurs à un niveau plancher mais aussi en intervenant directement sur les marchés pour s’assurer de la bonne transmission de sa politique monétaire au tissu des entreprises.
Autre manière de permettre aux entreprises américaines de gonfler leur taux de marge (au plus haut historique), la politique budgétaire en soutien de l’investissement dans l’extraction de gaz de schistes, a permis l’effondrement du prix de l’énergie par rapport au reste du monde, en créant une déconnection entre le prix du gaz et du pétrole systématiquement en faveur des entreprises américaines.
Cette politique de l’offre massive (à laquelle il faudrait ajouter une politique de soutien à l’innovation également conséquente), clairement non coopérative puisqu’elle vise à récupérer des parts de marché perdues par le passé, n’a pas tardé à porter ses fruits et cela devrait durer. Déjà le secteur manufacturier rebondit, en passant de 11% du PIB à 12% du PIB en une année, tout comme la part des exportations totales passées de moins de 8% à près de 9% aujourd’hui.
Face à cela, les atermoiements européens stériles sur la dette publique font prendre un retard considérable au Vieux continent qui décroche désormais significativement, que ce soit en termes de production industrielle, d’exportations ou de PIB. Dans ce contexte, il est temps que les pays européens redéfinissent une stratégie économique claire sous peine d’être le grand perdant de la redistribution actuelle des cartes au niveau mondial.
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