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Editos
Dans le cadre du plan mis en place fin octobre par les autorités européennes pour éviter à la zone euro une crise systémique de grande ampleur, il a été acté que les banques devraient faire une croix sur 50% de la valeur de leurs obligations grecques, et cela de manière volontaire pour éviter une situation considérée comme un défaut de paiement par les agences de notation. Cette mesure devrait ainsi permettre au pays de réduire son taux d’endettement, le faisant passer de 165% du PIB à environ 120% du PIB à horizon 2020. En se basant sur l’hypothèse d’un taux d’intérêt moyen de 5% à partir de là, les frais financiers passeraient alors à 6% du PIB contre 6.7% actuellement.

Mais est-ce réellement suffisant pour que la Grèce sorte de la spirale dans laquelle elle se trouve ? C’est peu probable. A un niveau de 120% du PIB le fardeau de la dette grecque devrait être encore trop lourd à porter : on constate en effet historiquement que les pays mal notés par l’agence Moody’s (Ca à Caa2) ne sont en mesure de rembourser que 20% à 34% du montant initialement emprunté (cf. graphique ci-dessous), soit une décote comprise entre 65% et 80%... Dans ces conditions, il nous paraîtrait plus raisonnable d’avoir pour objectif un niveau de frais financiers ne dépassant pas 4% du PIB grec après décote afin de faire sortir le pays du cercle vicieux dans lequel il s’est enfermé depuis plus de deux ans. Ce niveau correspondrait à un taux d’endettement de la nation qui se situerait autour de 80% du PIB. Pour atteindre cet objectif, il faudrait alors que la décote proposée aux établissements bancaires ne soit plus de 50%, mais bien de 65% à 70% pour espérer une sortie par le haut de la crise grecque actuelle.
