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L'investissement en Chine : une bombe à retardement

         

L'investissement en Chine : une bombe à retardement


7 Oct. 2011 - P. Sabatier

Lorsque l’on examine de façon détaillée la décomposition du PIB chinois depuis 1952, on constate l’importance croissante du poids de l’investissement et des exportations dans la création de richesse tout au long de la période. Depuis 2002, ces deux composantes ont d’ailleurs contribué à hauteur de 55% en moyenne à la croissance. En 1962, les investissements ne représentaient qu’à peine 15% du PIB, tandis que la consommation des ménages atteignait plus de 71% du total.

Décomposition du PIB chinois sur longue période

La situation est aujourd’hui diamétralement opposée avec une consommation des ménages qui ne pèse plus que 33.7% du PIB alors que l’investissement représente 48.5% du PIB, phénomène en accélération à partir de l’entrée de la Chine dans l’OMC en 2001 (l’investissement représentait alors 36.5% du PIB). Depuis 1992 et la reprise des réformes Deng Xiaoping qui a transformé définitivement le modèle chinois en « économie socialiste de marché », les investissements ont ainsi été multipliés par 19 alors que les dépenses des ménages n’ont cru que d’un facteur 3.8 (cf. graphique ci-dessous).

PIB en volume, investissement et consommation

Rien n’a été fait pour renverser la tendance depuis le déclenchement de la crise, bien au contraire, rendant la situation encore plus délicate qu’auparavant. A titre de comparaison, le taux d’investissement atteint 33% du PIB en Inde et seulement 18.4% du PIB au Brésil. Pire, jamais de tels niveaux n’ont été atteint, y compris au sommet des bulles qu’avaient connues le Japon en 1969 (39% du PIB) ou la Corée en 1988 (38% du PIB). En contribution à la croissance, le déséquilibre apparaît encore plus impressionnant. En effet, en 2009, l’investissement à lui seul a contribué à 94% de la croissance et à près de 60% en 2010
Cette tendance est particulièrement inquiétante car CHAQUE année l’investissement doit se renouveler dans les mêmes proportions pour générer autant de richesses que l’année précédente. Lorsque l’on sait que les investissements sont réalisés essentiellement dans les infrastructures, cela nous paraît à moyen terme strictement impossible : en conséquence, il ne faudra pas s’étonner d’observer des décrochages violents des taux de croissance chinois dans les années à venir et ce malgré la volonté affichée par les autorités chinoises de réorienter la croissance vers la demande intérieure (cf. Spécial Chine 3/3 « L'après 2011 : l'impossible transformation du modèle »).
 

A consulter :

Spécial Chine 1/3 : 1980-2008, le retour en grâce de l'Empire du Milieu

Spécial Chine 3/3 : l'après 2011, l'impossible transformation du modèle

 

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