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La guerre des changes a commencé !

La guerre des changes a commencé !

26 Mars 2009 - P.Sabatier / JL.Buchalet
La semaine dernière, les Etats-Unis ont porté la première banderille dans une guerre des changes qui semble de plus en plus inévitable entre les grands de ce monde (dollar, euro, yuan). Toute la difficulté sur le marché des changes réside dans le fait que deux forces très divergentes sont à l’œuvre : d’une part, les fondamentaux économiques comme les déficits commerciaux américains qui militent pour un dollar plus faible (baisse du pouvoir d’achat entraînant une baisse des importations / amélioration de la compétitivité entraînant une hausse des exportations) ; d’autre part une logique de flux liés aux anticipations de politiques monétaires conventionnelles et désormais non conventionnelles des Banques Centrales. Enfin, le dollar a également profité de son statut de monnaie de réserve (qui explique son fort rebond contre toutes monnaies au troisième trimestre 2008). Aujourd’hui, certains indicateurs nous laissent penser que le billet vert pourrait souffrir au cours des années à venir : des doutes sont apparus quant à sa capacité à rester la seule monnaie de réserve et de faire face à un endettement excessif. Au mois de janvier, les sorties nettes des capitaux aux Etats-Unis ont atteint 148,9 milliards de $, soit un record historique. Plus inquiétant, les flux sur les actifs à long terme sont eux aussi ressortis en territoire largement négatifs (-43 milliards de $), malgré l’achat net de 12,2 milliards de $ de bons du Trésor par la Banque Centrale de Chine. Même si un mois ne suffit pas pour dessiner une tendance, ces chiffres font état d’une désaffection nouvelle pour les actifs libellés en dollars.

Le sommaire

I. L’été 2008 a marqué une véritable rupture sur le marché des changes

  • L’explosion de la volatilité des changes à l'origine d'un tournant déterminant dans l’économie mondiale
  • L’appréciation du dollar est-elle durable à moyen terme ?

II. Les raisons de la baisse ordonnée du dollar entre 2002 et 2008

  • Jamais les Etats-Unis n’ont été aussi dépendants de l’extérieur
  • La hausse fulgurante des réserves de change des banques centrales asiatiques
  • La bonne tenue actuelle du dollar s'explique par une logique de flux
  • Le redressement du déficit extérieur américain contribue au ralentissement de la dévaluation du dollar

III. Le taux de change du dollar se détermine au regard des fondamentaux économiques américains relativement aux fondamentaux des autres zones géographiques

  • La situation du Japon est tout aussi catastrophique
  • La stabilisation récente du yuan vis-à-vis du dollar pourrait ne pas durer
  • Le dollar peut-il rester la seule monnaie de réserve ?

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