Les marchés actions sont aujourd’hui en très bonne forme, ce qui traduit l’étiolement progressif de l’aversion au risque qui gangrène les marchés depuis 2001. Cette tendance de la part des investisseurs à se tourner vers des actifs long terme, peu risqués et parfois même peu liquides a essentiellement profité aux obligations long terme et surtout au marché immobilier, qui vole chaque mois de record en record depuis plus de dix ans. En effet, ce dernier a profité directement de l’afflux de fonds mais aussi indirectement du goût prononcé des investisseurs pour les obligations long terme qui a permis de pousser les taux longs vers le bas et donc a donné à nombre de ménages la possibilité de devenir acquéreur de leur propre logement. Cet impressionnant cycle de hausse de l’immobilier ne pourra se prolonger indéfiniment, d’autant que les investisseurs américains auront dès l’année 2006 la possibilité d’allonger la duration de leur portefeuille par des obligations du trésor américain à échéance 30 ans. Sommes-nous à la veille d’un retournement du marché immobilier américain, et si oui, quelles en seront les conséquences pour la consommation des ménages, la croissance des Etats-Unis et de tous les pays qui en dépendent ?