L’émergence de contraintes nouvelles imposées par les Etats européens autour des opérations de rachats de grands groupes nationaux pousse à se poser cette question précise : les grandes entreprises, fleurons des économies nationales, ont-elles encore un lien autre que psychologique avec le pays dans lequel elles payent leurs impôts ? Que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe, les entreprises atteignent aujourd’hui des niveaux de rentabilité financière records, avec 16.3% pour le DJ Stoxx 600 et 17.3% pour le S&P500 en 2005. Pourtant, l’autonomie des grandes entreprises vis-à-vis de la croissance de leur zone n’est pas identique. Les entreprises américaines restent fortement dépendantes de la croissance du PIB du pays. Pourquoi ? L’économie US s’étant en quasi totalité tournée vers les services, un grand nombre d’entreprises de la zone se sont fondées sur la croissance de la consommation des ménages (qui explique plus de 70% de la croissance du PIB américain en 2005). Cela leur a permis de retrouver des niveaux de marge très élevés avec 9.4% en 2005.