La production de pétrole mondiale va probablement atteindre son maximum de production vers 100 millions de barils par jour autour de 2015. La marge d’erreur pour la date du pic de production est de plus ou moins 5 ans selon le scénario macroéconomique envisagé, ce dernier dépendant beaucoup des hypothèses de croissance faites sur les pays émergents comme la Chine et l’Inde. La théorie qui prévaut aujourd’hui sur le marché pétrolier est d’affirmer que les problèmes actuels sont ponctuels et dus principalement à un sous investissement chronique dans le secteur. Pour beaucoup, ce sont les capacités de raffinage qui posent problèmes : elles sont pour l’essentiel concentrées sur le sol des pays consommateurs et aucune raffinerie n’a été construite aux Etats-Unis depuis 29 ans et depuis 10 ans en Europe. De plus, les craintes sur l’approvisionnement futur se porteraient sur certains produits pétroliers comme le fioul domestique. En effet, ce sont le plus souvent des produits dérivés du pétrole issus des raffineries qui sont utilisés dans nos sociétés, plutôt que du pétrole brut. Le problème résiderait donc dans l’aval de la chaîne de traitement du brut plutôt que dans sa production. Selon cette théorie, les réserves mondiales seraient rejetées au second rang des préoccupations sur le pétrole au profit du sous investissement dans les capacités de raffinage. Le point de vue des géologues est très différent : même s’ils admettent un sous investissement sur toute la chaîne du fait de prix bas pendant plus de 20 ans, ils affirment que nous approchons à grands pas du pic de production de pétrole.